La recette du magret de canard au vin rouge de Laurent Mariotte repose sur trois ingrédients signatures : du Côtes-du-Rhône, des pruneaux et du poivre noir de Kampot. La cuisson se fait à la cocotte, en deux temps, avec une sauce montée au beurre en finition. Le résultat : une viande rosée à cœur, une peau croustillante et une sauce onctueuse aux notes de fruits et de vin réduit. Voici la recette complète issue de l’émission Petits Plats en Équilibre, étape par étape, avec les explications techniques pour la réussir à la maison.
🍷 Ce qu’il faut retenir
Quadriller le gras
Des incisions croisées sur le gras garantissent une fonte uniforme et une peau dorée.
Flamber pour concentrer
Le flambage brûle l’alcool et concentre les arômes fruités du vin dans la sauce.
Toujours laisser reposer
Quelques minutes de repos avant de trancher, c’est ce qui rend la viande juteuse.
Ce qui rend cette recette différente d’un magret au vin rouge classique
Un magret au vin rouge, beaucoup de chefs en proposent une version. Philippe Etchebest travaille généralement des sauces à base de fond de veau réduit, avec une technique plus proche du restaurant gastronomique. Cyril Lignac joue volontiers sur des associations sucrées-salées avec des agrumes ou des épices orientales. L’approche de Mariotte est ailleurs : elle reste ancrée dans le terroir, accessible, sans étape intimidante.
Ce qui identifie cette recette précisément, c’est la combinaison pruneaux + Côtes-du-Rhône + poivre de Kampot. Les pruneaux apportent un équilibre sucré-salé que le simple déglaçage au vin ne donne pas. Le Côtes-du-Rhône, avec ses tanins fermes et ses arômes de fruits noirs, tient bien à la réduction sans devenir âpre. Et le poivre de Kampot, poivre d’exception au profil aromatique floral et épicé, relève l’ensemble sans l’écraser. Ce n’est pas une recette générique habillée d’un nom de chef.
Quels sont les ingrédients pour 4 personnes ?
Voici ce dont vous avez besoin pour réaliser cette recette telle qu’elle a été présentée dans l’émission :
- 2 magrets de canard (350 à 400 g pièce)
- 1 verre de vin rouge Côtes-du-Rhône (environ 20 cl, à ajuster selon la réduction souhaitée)
- 8 pruneaux dénoyautés
- 2 oignons rouges émincés
- Poivre noir de Kampot, sel
- 30 à 40 g de beurre froid (pour monter la sauce en finition)
Le choix du Côtes-du-Rhône n’est pas anodin : c’est un vin charpenté, aux notes de fruits noirs mûrs, qui résiste bien à la chaleur et au flambage sans perdre sa structure. Un vin léger ou trop fruité donnerait une sauce plate après réduction. Pour les pruneaux, ils ne sont pas optionnels dans cette recette : ils constituent l’équilibre sucré-salé qui donne son caractère à la sauce. Pour les idées d’accompagnement qui complètent ce plat, plusieurs options s’y prêtent particulièrement bien.
Comment préparer et cuire le magret étape par étape ?
La recette se déroule en cinq phases distinctes. Chaque geste a sa logique : suivez l’ordre, et le résultat suit naturellement.
Préparer les magrets avant la cuisson

Commencez par retirer une partie du gras superficiel si la couche est très épaisse, sans l’éliminer entièrement : c’est lui qui lubrifie naturellement la cocotte pendant la cuisson. Ensuite, quadrillez le gras restant au couteau en incisions croisées profondes. Ce geste permet à la chaleur de pénétrer uniformément dans la viande et au gras de fondre progressivement, sans brûler en surface. Assaisonnez généreusement des deux côtés avec du sel et du poivre de Kampot fraîchement moulu.
Cuire côté gras à la cocotte, sans matière grasse ajoutée
Posez les magrets côté gras vers le bas dans une cocotte chauffée à feu moyen, sans ajouter la moindre matière grasse. Le gras fond de lui-même dès les premières minutes et crée naturellement un bain de cuisson. La peau se colore lentement, sans attacher. Laissez cuire jusqu’à obtenir une peau bien dorée, puis retournez côté chair pour une coloration rapide de deux à trois minutes.
Récupérez la graisse rendue dans un bol et réservez-la : elle servira à faire sauter des pommes de terre ou des légumes en accompagnement, ce qui est une des astuces habituelles de Mariotte pour ne rien perdre.
Préparer la sauce au vin rouge, pruneaux et oignons rouges
Retirez les magrets et déglacez la cocotte encore chaude avec le Côtes-du-Rhône. Flambez immédiatement en approchant une allumette ou en inclinant légèrement la cocotte sur la flamme du gaz. Le flambage brûle l’alcool résiduel, concentre les arômes fruités du vin et adoucit son acidité naturelle : c’est ce qui transforme un simple déglaçage en une vraie base de sauce.
Ajoutez ensuite les oignons rouges émincés et les pruneaux. Laissez mijoter deux à trois minutes à feu doux pour que les oignons commencent à fondre et que les pruneaux gonflent légèrement dans la sauce. Assaisonnez au poivre de Kampot.
Finaliser la cuisson des magrets dans la sauce
Replacez les magrets côté gras vers le bas dans la cocotte, dans la sauce. Poursuivez la cuisson dix minutes côté gras, puis retournez et laissez encore cinq minutes côté chair. Les temps peuvent varier légèrement selon l’épaisseur des magrets et votre goût pour le rosé.
Retirez les magrets de la cocotte et laissez-les reposer cinq minutes avant de les trancher. Cette étape est souvent négligée par réflexe de servir chaud immédiatement : c’est pourtant ce repos qui permet aux fibres musculaires de se détendre et aux jus de se redistribuer dans toute la viande. Un magret tranché trop tôt perd ses jus dans l’assiette et devient sec en bouche. Résultat attendu après repos : chair rosée à cœur, peau dorée et croustillante.
Monter la sauce au beurre pour la finition
Pendant le repos des magrets, faites réduire la sauce à feu vif pendant deux à trois minutes pour la concentrer. Puis retirez la cocotte du feu. Incorporez le beurre froid coupé en petits morceaux en basculant doucement la cocotte d’avant en arrière, sans fouetter. C’est cette technique de montée au beurre hors du feu qui permet à l’émulsion de tenir : sur le feu, le beurre se sépare et la sauce devient grasse. Hors du feu, elle devient brillante, onctueuse et légèrement liée.
Tranchez les magrets dans la longueur, disposez-les dans les assiettes et nappez de sauce. Pour les accords à table, le choix du vin pour accompagner le magret mérite aussi réflexion selon la préparation choisie.
Quelle est la meilleure astuce pour ne pas rater son magret de canard ?
L’erreur la plus fréquente est de trancher le magret dès la fin de la cuisson, pressé par le service. Les jus s’échappent, la viande se resserre et le résultat devient ordinaire. Le repos est non-négociable : cinq minutes suffisent, mais il faut les respecter.
La deuxième erreur courante est d’ajouter de l’huile ou du beurre dans la cocotte au départ. La graisse du canard se suffit à elle-même : c’est elle qui cuit la viande, pas une matière grasse extérieure. En commençant côté gras à feu moyen, vous la laissez fondre progressivement sans brûler.
Enfin, le poivre de Kampot n’est pas un détail décoratif. Son profil aromatique, plus complexe et floral qu’un poivre ordinaire, tient à la cuisson sans devenir amer. C’est lui qui donne à la sauce son caractère final. Si vous souhaitez explorer d’autres recettes de Mariotte dans le même esprit, sa version du bœuf bourguignon suit une logique similaire : des produits du terroir, une technique accessible, un résultat qui tient ses promesses.


